L’huile de lin ou « huile de graines de lin » est une huile végétale de couleur jaune d’or, tirée des graines mûres du lin cultivé, pressées à froid et/ou à chaud ; parfois, elle est extraite par un solvant en vue d’un usage industriel ou artistique, principalement comme siccatif, ou huile auto-siccative.
Les utilisations de l’huile de lin dérivent de sa richesse en acides gras polyinsaturés, en particulier en acides linolénique et linoléique, qui lui doivent leur nom.
Composition
Composé | Famille d’acide gras | Teneur pour 100 g |
---|---|---|
La composition en acides gras des triglycérides de l’huile de lin est la suivante :
- acide α-linolénique : 45 à 70 % ;
- acide linoléique : 12 à 24 % ;
- acide oléique : 10 à 21 % ;
- acides gras saturés : 6 à 18 %.
L’analyse nutritionnelle, pour 5 ml d’une huile de lin alimentaire typique, est la suivante :
Énergie | Protéines (g) | Lipides (g) | Glucides (g) |
42 cal (176 kJ) | 0 | 4,7
dont acides gras
|
0 |
Propriétés
L’huile de lin polymérise spontanément à l’air, avec une réaction exothermique : un chiffon imbibé d’huile peut ainsi, dans certaines conditions, s’enflammer spontanément.
Pour ses propriétés de polymère, l’huile de lin est employée seule, ou mélangée à d’autres huiles, résines et solvants, et est utilisée en tant que :
- imprégnateur et protecteur des bois à l’intérieur comme à l’extérieur : protection contre l’humidité, les champignons (antifongique) et insectes, et contre la poussière par son caractère antistatique ;
- composant de certains vernis de finition ;
- liant de broyage pour la peinture à l’huile ;
- agent plastifiant du mastic de vitrier ;
- agent durcisseur de diverses préparations ;
- agent de cohérence et liant dans la fabrication du linoléum.
Fabrication et production commerciale
L’huile de lin est extraite des graines de lin récoltées à maturité, séchées puis triturées et pressées.
D’ordinaire, le lin fait l’objet d’une extraction par pression-dissolution tout comme le colza. L’huile de lin obtenue par cette méthode est utilisée à des fins industrielles.
Pour obtenir une huile propre à la consommation humaine, le lin est d’abord pressé à froid. Ensuite, une pression à chaud, avec ou sans solvant permet de recueillir de l’huile supplémentaire destinée à des applications industrielles.
La production mondiale d’huile de lin, en 2001-2002, était de 634 000 tonnes mais l’utilisation d’huile de lin a diminué au cours des dernières décennies parallèlement à l’accroissement de l’utilisation des résines alkydes de synthèse, qui sont similaires, mais moins coûteuses, et réputées jaunir moins rapidement.
Elle reste néanmoins appréciée pour ses qualités environnementales.
Alimentation, médecine
À noter que plus de trente remèdes médicinaux avec l’huile de lin, ont été répertoriés dans l’Antiquité par Pline l’ancien. Ces remèdes font aujourd’hui encore partie de la pharmacopée de la médecine traditionnelle chinoise et indienne avec l’ayurveda.
Tandis que l’huile d’olive est propre au bassin méditerranéen, l’huile de lin a constitué, pour les populations plus septentrionales d’Europe, une des sources principales de matières grasses végétales, tout comme l’huile de colza et l’huile de chanvre.
Contenant plus de 70 % de son poids en acides gras polyinsaturés[6], l’huile de lin est prisée dans certaines options diététiques, en particulier par les personnes recherchant des apports importants en oméga-3 et faibles en oméga-6.
Selon le docteur Catherine Kousmine, l’huile de lin participe à la lutte contre les maladies dégénératives.
Du point de vue réglementaire, l’huile de lin était considérée comme une huile exclusivement technique depuis 1908, et sa vente en France comme denrée alimentaire était interdite, alors qu’elle était autorisée en Allemagne.
En juillet 2006, l’AFSSA a émis deux avis sur l’utilisation de l’huile de lin dans les compléments (saisine 2004-sa-0213) et dans les aliments courants (saisine 2004-sa-0409). Après ces avis, en 2008, l’huile de lin a été autorisée dans les denrées alimentaires, en mélange, en précisant toutefois que la teneur en acides gras trans de l’huile doit être diminuée de 2 à 1 % des acides gras totaux. L’huile de lin a donc été autorisée dans les aliments courants, en mélange avec des huiles d’assaisonnement ou des matières grasses tartinables, ou pour des compléments alimentaires.
En 2009, l’AFSSA a donné un avis positif à l’utilisation de l’huile de lin pure en cuisine.
L’huile de lin présente un intérêt nutritionnel pour l’apport en acide α-linolénique (oméga-3). En 2010, l’huile de lin pure (non mélangée) a été autorisée sous conditions.
C’est un produit commercialisé pour usage alimentaire depuis longtemps dans de nombreux pays (Allemagne, Canada, Chine, Suisse, etc.), sans que des effets néfastes n’aient été mis en évidence.
L’huile de lin est très fragile et rancit facilement ; elle doit être conservée au réfrigérateur, et consommée rapidement. Par ailleurs, elle deviendrait même toxique si elle était trop dégradée ; il ne faut pas l’utiliser si une odeur désagréable s’en dégage.
Afin de limiter le risque lié à l’oxydation, les obligations de conditionnement, de conservation et d’utilisation sont plus restrictives que les mesures existant pour les huiles végétales plus classiques. Elles consistent en :
- une traçabilité des lots, de la pression des graines jusqu’au conditionnement, pour optimiser le contrôle de la durée de vie (ne pas dépasser un an, consommation comprise) ;
- un volume de conditionnement maximal de 250 ml ;
- un inertage à l’azote avant d’obturer la bouteille ;
- un conditionnement dans du matériau opaque ;
- une durée limitée d’utilisation optimale, inférieure à neuf mois.
L’AFSSA recommande enfin des mentions d’étiquetage de l’huile de lin pour une information adéquate aux consommateurs :
- réserver à l’assaisonnement ;
- ne pas chauffer l’huile de lin ;
- conserver à l’abri de la chaleur avant ouverture ;
- conserver au réfrigérateur après ouverture ;
- ne pas conserver plus de 3 mois après ouverture ;
- ne convient pas aux enfants de moins de trois ans.