L’oseille de Guinée (Hibiscus sabdariffa), également appelée roselle, est une plante herbacée de la famille des Malvacées, originaire d’Afrique, mais dont la culture s’est d’abord développée en Asie du Sud-Est (Inde, Sri Lanka, Thaïlande, Malaisie et Java). Ses cultivars furent introduits en Afrique de l’Ouest au xixe siècle pour y développer sa culture.
Le bissap ou karkadé (parfois orthographié « carcadet ») est la boisson préparée à partir du calice des fleurs de cet hibiscus à fleurs rouges.
L’Oseille de Guinée pousse bien en zone tropicale en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso, Bénin, Togo, Niger, sud du Mali, nord de la Côte d’Ivoire),au nord du Cameroun, au Botswana et au Congo Kinshasa, ainsi qu’au Congo Brazzaville.
Synonymes
Cette plante est aussi connue en Égypte, au Centrafrique (appelé karakandji) et au Mexique où on l’appelle flor de Jamaica. En Asie du Sud-Est continentale, elle est appelée กระเจี๊ยบ /kraʔcíap/, กระเจี๊ยบแดง /kraʔcíap dɛːŋ/ ou กระเจี๊ยบเปรี้ยว /kraʔcíap prîaw/ en thaï (siamois), ສົ້ມພໍດີ /sőm phɔː diː/ en lao, ស្លឹកជូរ /slɜk cuː/, សណ្តាន់ទេស /sɑndan tẹːh/, ម្ជូរបារាំង /məcuː baraŋ/5, ou ម្ជូរព្រឹក /məcuː prɨk/ en khmer, ချဉ်ပေါင် chin pow en birman. En Martinique et en Guadeloupe, elle est appelée groseille pays (Gwozey peyi en créole) ou simplement groseille.
Autres noms communs du bissap
On l’appelle également thé rose d’Abyssinie. Au Mali, dableni (du bambara, passé dans l’usage local de la langue française en dah rouge) et djoussouma tchireye en songhaï, langue parlée à Tombouctou et dans la région de Gao, ou encore djisma tchiré en dendi (langue du nord du Bénin apparentée au djerma ou songhaï). On l’appelle Ngaï Ngaï au Congo-Brazza et au Congo-Kinshasa où les fleurs se consomment sous forme de compote qui se conserve au frais et accompagne les plats en grillade. On l’appelle groseille pays aux Antilles françaises. On l’appelle karkadé en Égypte et foléré au Cameroun et karkandji en sango. Le nom de bissap vient du wolof (langue la plus parlée du Sénégal.)
Description
L’oseille de Guinée est une plante herbacée arbustive qui peut atteindre 3 m de haut dans les meilleures conditions, mais ne dépasse généralement pas 2 m.
Son feuillage caduc est composé de feuilles vertes (bissap vert) ou rouges lancéolées.
Ses fleurs sont d’un diamètre pouvant atteindre 8 cm. Chaque fleur s’ouvre en corolle composée de 5 pétales. Cette fleur est pourpre en son cœur et ses pétales présentent un dégradé allant du jaune au rose. Lorsque la fleur tombe, elle dévoilé un gros calice rouge pourpre qui est la partie de la plante utilisée pour fabriquer le bissap.
Ses fruits sont des capsules (situées dans le calice) qui contiennent les graines rondes d’hibiscus d’un diamètre de 3 à 4 mm.
Variétés
Il existe différentes variétés d’oseille de Guinée. Les variétés vertes sont plutôt utilisées en aliment feuilles et les variétés rouges pour leurs calices.
- la variété à fleurs blanches permet de faire un bissap blanc (plus acidulé) et on utilise ses fleurs dans le fameux thiéboudiène ;
- les quatre variétés principales sont : Vimto, Koor rouge (propre à la consommation comme légume-feuilles et à la production de calices), CLT 92 et Thaï. La variété « Vimto » donne des fleurs de gros diamètre (4,5 cm) et de grande longueur (8,5 cm) avec des sépales rouge vif ouverts vers l’extérieur. Le rendement en calices séchés est très variable selon les zones de production : il peut atteindre (dans les conditions optimales) 4 à 6,5 t/ha, ou de 800 à 1 200 kg/ha environ quand ils sont séchés à 12 % d’humidité. Pour l’Asie, des rendements de calices frais atteignant 15 t/ha ont été signalés. Une seule plante de roselle peut produire jusqu’à 250 calices, soit 1 à 1,5 kg de poids frais. En Afrique, les moyennes de rendements sont bien inférieures et nettement plus variables en raison des contraintes environnementales et d’une conduite extensive. Le Soudan a fait état de rendements moyens de calices secs de 93 kg/ha. Au Sénégal, la production maximale de calices (poids sec) est de 500 kg/ha.
Culture
L’hibiscus sabdariffa est une plante à croissance rapide. La taille de la plante 30 jours après la levée est d’environ 30 cm. La récolte de feuilles peut débuter 6–8 semaines après le semis ; elle stimule la ramification et en conséquence augmente la production de feuilles. La floraison démarre lorsque la longueur du jour diminue, au plus tôt 2 mois après le semis, et au plus tard 7 mois. Les fleurs sont généralement autofécondées. Les fruits commencent à mûrir deux ou trois mois après la fécondation.
L’oseille de Guinée a besoin d’une exposition en plein soleil et de chaleur (entre 18 et 35 °C). Elle ne supporte pas le froid. La croissance de la plante s’arrête à 14 °C et elle meurt alors au bout de 15 jours. A 10 °C, la mort survient au bout de 2–3 jours seulement. La production de fleurs et de calices diminue en dessous de 17 °C. Les cotylédons ne supportent pas les températures inférieures à 10 °C pendant plus de 2–3 heures. La roselle est souvent implantée en association avec d’autres espèces telles que le mil, le sorgho, l’arachide, la patate douce, l’igname ou le niébé, et on laisse souvent pousser des plantes spontanées de roselle parmi d’autres cultures. De nombreux paysans plantent de la roselle en limite de champs ou pour délimiter des parcelles à l’intérieur d’un même champ. En Afrique de l’Ouest, on fait aussi pousser la roselle dans le cadre d’un système de parc agroforestier,
conjointement avec l’arbre blanc (Faidherbia albida (Delile) A. Chev.), le baobab (Adansonia digitata L.), le néré (Parkia biglobosa (Jacq.) R. Br. ex G. Don, le karité (Vitellaria paradoxa C. F. Gaertn.) et le jujubier (Zizyphus mauritiana Lam.).
On peut la planter tous les mètres sur des rangs espacés d’un mètre.
Elle pousse principalement pendant la période des pluies en Afrique (hivernage) et aura donc besoin d’être arrosée régulièrement dans les régions chaudes et sèches. L’arrosage pourra être moins fréquent au moment de la fructification.
Elle peut pousser en massif ou en pot, ce qui permet de la placer à l’abri pendant l’hiver. L’hibiscus peut pousser en sol pauvre, mais se développera bien mieux en sol riche.
Utilisation du calice de ses fleurs
En Afrique et au Proche-Orient, il se boit chaud, tandis qu’on préfère le boire froid en Europe.
Utilisation des feuilles
Les feuilles d’oseille de Guinée sont utilisées au Congo Kinshasa, au Congo Brazzaville et au Gabon comme légumes en purée ou en sauce. On peut ajouter du beurre d’arachide ou les aubergines en purée pour atténuer l’acidité de la sauce ou de la purée et ceci accompagne parfaitement le poisson ou la volaille grillé dont il relève le goût.
Produits dérivés
- Le bissap peut parfumer d’autres boissons ou cocktails de fruits.
- Au Mali, on fabrique de la confiture et du jus de dah rouge.
- Mélangées à du henné, les fleurs donnent une coloration rouge vif naturelle aux cheveux et les fait briller (les fleurs desséchées sont réduites en poudre puis mélangées au henné, du vinaigre de pomme et de l’eau bien chaude, application puis laisser reposer pendant 3 heures).
- Une décoction concentrée des fleurs (blanches de préférence) fait cailler le lait de soja (tofu)
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