Le neufchâtel est un fromage français fabriqué dans le pays de Bray et plus particulièrement aux alentours de Neufchâtel-en-Bray(134 communes). Cette appellation d’origine est préservée via une AOC depuis 1969.

La forme en cœur est typique de ce fromage mais les formes en briquette, bonde, double bonde, carré et triple-cœur sont également enregistrées dans le cahier des charges de la protection.

La race des vaches et leur alimentation (pâturage au moins 6 mois par an), ainsi que la fabrication du fromage sont définies dans le décret de l’appellation.

C’est un fromage lactique à base de lait de vache mis en œuvre majoritairement cru, à pâte molle à croûte fleurie, affiné au moins 10 jours, d’un poids de 100 à 600 g selon le format.

Sa période de consommation idéale s’étale d’avril à août.

Historique

Le neufchâtel est un fromage très ancien, sans doute le plus ancien des fromages normands, même si rien ne l’atteste4. Il était probablement déjà fabriqué au vie siècle et attesté officiellement à partir de 1050 ou 1543. Pendant la guerre de Cent Ans, pour les fêtes de fin d’année, la légende raconte que les jeunes filles offraient aux soldats anglais des fromages en forme de cœur pour témoigner de leur amour. Au xviie siècle, il était expédié à Paris et Rouen, et exporté en Grande-Bretagne. Mais c’est à partir de 1880 que son histoire s’accéléra : cette année-là, un fermier, Isidore Lefebvre, construisit une fromagerie à Nesle-Hodeng (Seine-Maritime) dans laquelle il pouvait mouler et affiner le caillé produit par les paysans des environs. Parmi ses distributeurs figurèrent ensuite les grands magasins Harrods de Londres.

Un label de qualité fut accordé au fromage en 1949, mais il fut annulé en 1953. Afin de protéger la spécificité du neufchâtel, le comice agricole de l’arrondissement de Neufchâtel créa en 1957 le syndicat de défense du label de qualité du fromage de Neufchâtel. Ce syndicat constituera le dossier de demande en appellation d’origine contrôlée. Celle-ci sera enregistrée comme telle par un décret du  modifié le . L’appellation a été revue une nouvelle fois en 2006 dans le sens d’une plus grande rigueur, demandant aux producteurs de posséder au moins 65% de vaches de race normande pour produire le fromage.

La production commença à décroître après la seconde guerre mondiale. En 1993, il ne restait que trente et un producteurs fermiers et un industriel produisant à lui seul 45% du fromage de Neufchâtel.

Les fromageries locales, comme Isidore Lefebvre et Lhernault ont été absorbés par de grands groupes laitiers.

Formes

Le neufchâtel se présente sous six formes différentes :

  • carré (100 g) ;
  • briquette (100 g) ;
  • bondon ou bonde (100 g) ;
  • cœur (200 g) ;
  • double bonde (200 g) ;
  • grand cœur ou gros cœur (600 g).

Production et transformation

En 2006, la fabrication vouée au commerce est assurée par 23 agriculteurs producteurs fermiers, 2 artisans transformateurs (J.-Y. Anselin, SARL Villiers) et 2 transformateurs industriels (Les Cateliers, La Fromagerie du pays de Bray), qui transforment le lait cru produit dans 30 fermes. Une particularité : certains agriculteurs producteurs fermiers ne sont plus autorisés à exploiter commercialement le terme « fermier » sur l’emballage de leur transformations en fromages neufchâtel car ils achètent la production de lait cru des agriculteurs voisins pour augmenter leur volume de vente.

En 1998, 81 % du volume transformé était au lait cru et 67 % en production fermière) (total : 887 tonnes).

En 2007 82 tonnes sont exportées, notamment en Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique, Canada, Japon, Suisse, Chine, Pays-Bas, Luxembourg et États-Unis

Nutrition

Valeur nutritionnelle du neufchâtel au lait pasteurisé, brut 200 g, en forme de cœur : 250 kcal/100 g.

 

Laisser un commentaire